Retour de Conférence : Parallèle entre photographe et beatmaker.

→ 28/11/2023

Bonjour à tous et à toutes aujourd’hui je vais revenir avec vous en photo et en article sur une conférence que je suis allé voir à Polyblosne. Le nouveau pôle associatif du quartier du Blosne de Rennes. Cette conférence intitulée « beatmaker.euses, nouveaux boss du rap Français » était organisée par l’association Dooinit.

affiche rencontres pro beatmakeur nouveaux boss du rap francais

Conférence et intervenant.e.s.

Pourquoi parler de beatmaking me direz-vous? Hé vous avez bien raison de vous poser la question. A la base je n’allais pas à cette conférence dans le but d’en faire un article.
Mais les problématiques questionnées dans cette table ronde ont raisonné avec les problématiques de photographe. Avant de rentrer dans le vif du sujet je vais vous replacer un peu le contexte de cette rencontre.
L’association Dooinit a donc invité 4 personnalités du milieu rap parmi elles Keda (auteur/interprète), Ideal Jim (rappeur/beatmaker), Thomas Ruee (responsable label et édition) le tout hosté et animé par la journaliste Mekolo. Nous sommes sur un format émission de radio en public.

C’est quoi le beatmaking ?

La conférence commence par une petite présentation des différents intervenants. S’enchainent diverses questions-réponses sur des thématiques très propres au milieu du rap. Ce n’est pas cette partie que nous intéresse ici, mais les problèmes rencontrés par les beatmakers.
Pour ceux qui ne connaissent pas le terme de « beatmaker » on peut aussi dire « producteur » dans le sens création, composition de musique. Pour faire simple la musique est soit samplée, soit créée de toute pièce, parfois un savant mélange des deux. Maintenant vous avez toutes les armes pour comprendre ce qui va suivre.

Idéal Jim durant la conférence beatmaker nouveaux boss du rap francais photo noir et blanc

IA : Concurrent ou véritable outil.


Ideal Jim lui-même beatmaker et rappeur soulève un point très important dans la MAO (musique assistée par ordinateur) c’est l’arrivée de nouvelles technologies telles que l’IA. Comme pour nous photographes, ils sont confrontés à cette même question « IA : concurrent ou véritable outil ? ».

La majorité des personnes présentes dans la salle sont relativement impliquées dans la musique, par conséquent attachées à la musique faite par des humains et non des IA. Si c’est vrai pour une majorité de mélomanes, l’est elle aussi seulement pour des publics plus consuméristes, qui ne cherchent pas spécialement à découvrir de la musique mais plutôt écouter ce que les radios ou les différents algorithmes deezer, youtube, spotify leur diront d’écouter ? Sans vraiment trancher sur le sujet ils en sont tous arrivés à la conclusion que c’était tout de même plus un excellent outil qu’un concurrent car derrière une IA se cache toujours des humains pour programmer.

keda, thomas ruee et mekolo entrain de discuter lors d'une conférence photo noir et blanc

Financement, mise en scène et réseaux sociaux.

Ils ont aussi pas mal parlé d’argent et de financement. Comme pour la photographie le beatmaking est un travail de l’ombre et de passion. Par conséquent les gens ont tendance à sous-payer ou à dévaloriser ce genre de travail. Les clients ont tendance à essayer de négocier alors que les prix sont déjà tirés à la baisse. Ça c’est la réalité des petits entrepreneurs dans la musique. Comme pour la photo une grande partie de l’argent est vampirisée par les têtes d’affiches.

Ayant fait ce constat, nous nous sommes posés la question de la mise en avant des jeunes générations et de leur prise de position dans le milieu. Comme pour la photo la jeune génération arrive en éclatant les codes. Les jeunes photographes et beatmakers ont tendance à se mettre en avant eux, avant même leur travail. La personnalité est devenue plus importante que la création elle même. Le monde de l’influence rejoint le monde de la création. Bonne chose ou mauvaise chose ? je crois que personne n’a vraiment la réponse car il faut mettre en parallèle l’évolution de consommation et la place prépondérante que les réseaux sociaux ont pris dans nos vies.

D’un coté plus d’opportunité de montrer son travail, mais aussi plus de chance d’être noyé dans la masse. Ça en fait des questions ? Effectivement c’est un sujet passionnant qui m’amène à une autre réflexion : « Est il plus important aujourd’hui de mettre ses créations ou son image en avant? »

Keda lors de la conférence beatmakeur boss du rap francais photo noir et blanc

Création et représentation.

Outre ces questions une chose m’a aussi énormément marqué. C’est à quel point, en terme de travail pur, le leur ressemblait terriblement au notre. 10% de création le reste c’est de l’administratif et de la communication. Dans toutes les professions artistiques et créatives nous avons toujours moins de temps pour créer et toujours plus de temps pour communiquer à tel point qu’on se retrouve un peu Community Manager à nos dépends. C’est un vrai problème en terme de découragement et d’investissement. Malheureusement pour marcher, vendre, être connu et référencé pas le choix que de passer par ces étapes. Je n’ai pas d’avis tranché sur tout ça ni même de conclusion. C’est plutôt une réflexion et un parallèle que je voulais partager avec vous. Si vous avez des remarques ou des questions. N’hésitez pas à commenter et à réagir dans les commentaires en dessous de ce post.

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